Comment se crée un symptôme et comment s’en libérer ?

Un symptôme peut parfois apparaître à la suite d’un choc ou d’un événement vécu de manière particulièrement intense : un événement inattendu, difficile à comprendre ou à gérer sur le moment, parfois vécu dans un sentiment d’isolement ou d’absence de solution.

Dans mon approche, je m’intéresse à l’empreinte que cet événement peut avoir laissée dans le corps, les émotions et les croyances.

Car un événement ne se résume pas à ce qui s’est passé.

Il est vécu avec nos cinq sens, notre corps, nos émotions, notre histoire et le sens que nous lui donnons.

Et parfois, longtemps après, quelque chose continue à se rejouer.

De l’événement au symptôme

Imaginons un événement qui survient à un moment précis, dans un lieu précis, dans un contexte particulier.

Il est perçu à travers les cinq sens : une image, une odeur, un son, un goût, une sensation corporelle…

Notre cerveau et notre corps enregistrent cette expérience et nous lui donnons un sens.

Ce sens peut devenir une croyance :

« Je ne suis pas en sécurité. »
« Je dois me méfier. »
« Je dois tout contrôler. »
« Je ne suis pas capable. »
« Je dois prendre soin des autres avant de prendre soin de moi. »

Cette croyance peut alors devenir une manière de nous protéger face à un événement similaire.Le problème apparaît lorsque cette protection continue à fonctionner alors que le contexte a changé.Une réponse qui a pu être utile à un moment donné peut devenir, avec le temps, limitante.

Le corps ressent avant que nous ayons parfois conscience de ce qui se passe

Il existe une différence entre ce que nous savons intellectuellement et ce que notre corps ressent.

  • Nous pouvons parfaitement savoir que nous sommes en sécurité aujourd’hui et pourtant ressentir de la peur.
  • Nous pouvons savoir que nous avons le droit de nous reposer et ressentir malgré tout de la culpabilité.
  • Nous pouvons savoir que nous sommes capables et continuer à nous sentir « pas assez ».

C’est ce que j’appelle ici le senti : ce qui se manifeste dans le corps et dans l’émotionnel, parfois avant même que nous ayons mis des mots dessus.

Dans cette conception, plusieurs niveaux peuvent être distingués :

le vécu corporel → l’émotion → le sens donné → la croyance → la réaction

Et lorsque ces différents niveaux restent liés de manière inconsciente, ils peuvent participer au maintien de certains comportements, réactions ou symptômes.

La sensation, l’émotion et la croyance (corps, coeur, tête)

La sensation

C’est ce que nous percevons dans notre corps.

Une tension, une boule dans la gorge, une oppression, une chaleur, un poids, une agitation, une fatigue…

La sensation est une porte d’entrée vers ce qui se passe en nous.

La croyance

Pour donner du sens à une expérience, nous pouvons construire une représentation de nous-mêmes, des autres ou du monde.

Cette représentation peut devenir une croyance limitante.

Elle peut ensuite influencer nos choix, nos réactions et notre manière d’entrer en relation.

L’émotion

L’émotion naît de la rencontre entre ce qui se passe et le sens que nous lui donnons.

Et l’émotionnel est parfois beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Quelle émotion est réellement la mienne ?

Il peut exister une différence entre l’émotion que nous ressentons (émotion primaire) et celle que nous montrons (émotion secondaire), parce que c’est socialement plus acceptable.

  • Parfois, nous exprimons une colère alors que nous sommes profondément blessés.
  • Parfois, nous montrons que tout va bien alors que notre corps dit le contraire.

Dans mon travail, je cherche donc à aller plus précisément dans l’expérience :

  • Qu’est-ce que je ressens réellement ?
  • Qu’est-ce que cette émotion vient me dire ?
  • De quoi ai-je besoin ?

Et parfois une autre question apparaît :

Est-ce vraiment mon émotion ?

Dans certaines relations, nous pouvons en effet être très sensibles à l’état émotionnel de l’autre, au point de porter ou de tenter de réguler ce que l’autre ressent (émotion empruntée)

Dans une lecture transgénérationnelle, nous pouvons également explorer certaines émotions ou certains schémas qui semblent se répéter dans une famille.

L’objectif n’est pas de décider à l’avance que telle émotion vient de telle personne ou de tel ancêtre.

Il est de chercher ce qui fait sens pour la personne et de différencier ce qui lui appartient de ce qu’elle porte éventuellement pour d’autres.

Un même symptôme peut avoir plusieurs histoires

Il n’y a pas forcément un seul événement derrière une difficulté. Plusieurs expériences peuvent s’être accumulées.

Une expérience récente peut réveiller une expérience plus ancienne.

Une relation actuelle peut faire écho à une relation passée.

Et plusieurs événements peuvent parfois avoir contribué à construire le même schéma.

C’est pourquoi mon travail consiste moins à chercher une explication toute faite qu’à mener une enquête précise.

  • Qu’est-ce qui se passe ?
  • Depuis quand?
  • Quand cela se manifeste-t-il ?
  • Qu’est-ce que le corps ressent ?
  • Quelle émotion apparaît ?
  • Quelle croyance est associée ?
  • Quelle situation semble réveiller tout cela ?

Et surtout : qu’est-ce qui a besoin d’être entendu aujourd’hui ?

Le test de kinésiologie : une autre manière d’enquêter

Lorsque la personne est à l’aise avec cet outil, j’utilise le test de kinésiologie pour accompagner cette exploration.

Le test permet de dialoguer avec ce que j’appelle la sagesse intérieure et le senti.

Il nous aide à explorer différentes pistes et à préciser ce qui semble prioritaire à travailler.

Nous pouvons ainsi interroger plusieurs dimensions :

  • le corps et ses sensations ;
  • l’émotionnel ;
  • les croyances ;
  • les relations ;
  • l’environnement ;
  • l’histoire personnelle ;
  • et, lorsque cela fait sens pour la personne, la dimension transgénérationnelle.

Le test n’est pas pour moi un outil de diagnostic médical.

Il sert à explorer, à affiner les questions et à permettre à la personne d’aller à la rencontre de ce qu’elle ressent et de ce dont elle a besoin.

Ressentir, exprimer, extérioriser

Une fois ce qui se joue identifié, il est important de ne pas rester uniquement dans la compréhension intellectuelle.

Nous allons pouvoir aller dans le ressenti.

  • Que se passe-t-il dans mon corps lorsque je pense à cette situation ?
  • Quelle émotion apparaît ?
  • Quelle croyance se manifeste ?
  • Quel besoin se trouve derrière ?

Selon la personne et ce qui émerge en séance, nous pouvons utiliser différents supports : le dessin, le jeu, le mouvement, la parole ou un acte symbolique.

Ces outils permettent d’exprimer autrement ce qui était parfois difficile à mettre en mots.

Il peut alors devenir possible d’extérioriser ce qui était jusque-là vécu uniquement à l’intérieur.

Et parfois, une distinction importante apparaît : ce qui m’appartient, ce qui appartient à l’autre, ce qui appartient à mon histoire.

Le symptôme a-t-il essayé de nous protéger ?

J’aime également regarder le symptôme avec cette question :

« Qu’est-ce que cette réaction a essayé de faire pour moi ? »

Cela ne signifie évidemment pas que le symptôme est souhaitable. Il peut être douloureux, épuisant et profondément handicapant.

Mais certaines réactions ont pu représenter, à un moment donné, la meilleure réponse disponible face à une situation vécue comme difficile.

  • Se mettre en retrait.
  • Contrôler.
  • Se méfier.
  • Faire plaisir.
  • Ne plus ressentir.
  • Toujours anticiper.
  • Toujours prendre soin des autres.

Ces stratégies peuvent avoir eu une fonction protectrice.

Et lorsque nous comprenons cette fonction, nous pouvons commencer à remercier ce qui a essayé de nous protéger, sans être obligés de continuer à fonctionner de la même manière.

Comprendre. Accueillir. Choisir.

C’est ainsi que je résume souvent le processus :

Comprendre

  • Comprendre ce qui se joue.
  • Mettre des mots sur le vécu, les sensations, les émotions et les croyances.
  • Comprendre aussi ce que cette réaction a essayé de faire pour nous.

Accueillir

  • Pouvoir enfin ressentir ce qui était là.
  • Accueillir une émotion.
  • Reconnaître un besoin.
  • Regarder son histoire avec davantage de douceur.
  • Et parfois remercier une ancienne stratégie de protection qui n’a plus besoin d’être aussi présente aujourd’hui.

Choisir

C’est alors qu’une nouvelle possibilité apparaît :

« Et maintenant, comment ai-je envie de répondre ? »

Nous ne pouvons pas changer ce qui s’est passé. Mais nous pouvons parfois changer la manière dont nous continuons à y répondre.

Et après la prise de conscience ?

Une prise de conscience peut être puissante. Mais elle ne suffit pas toujours à modifier un fonctionnement installé depuis longtemps. C’est pourquoi le suivi sur plusieurs séances peut être précieux.

Nous allons progressivement travailler à :

  • construire une nouvelle identité, distincte de la croyance limitante ;
  • oser ressentir les émotions et accueillir les besoins associés ;
  • reconnaître et tenir à distance l’auto-saboteur ;
  • repérer les schémas répétitifs ;
  • mettre en place des outils corporels pour ancrer le changement ;
  • renforcer les ressources disponibles ;
  • expérimenter de nouvelles manières de réagir.

L’objectif est que la nouvelle compréhension ne reste pas seulement une compréhension intellectuelle. Elle doit pouvoir s’inscrire dans le corps et dans le quotidien.

Peu à peu, les pensées peuvent devenir plus porteuses, les émotions peuvent s’apaiser, les comportements peuvent s’ajuster et la personne peut retrouver davantage de liberté dans ses choix.

Se libérer ne signifie pas effacer son histoire

Pour moi, se libérer ne signifie pas oublier ce qui s’est passé.

Cela signifie pouvoir regarder son histoire sans être obligé de la rejouer.

Pouvoir reconnaître :

  • « Voilà ce que j’ai vécu. »
  • « Voilà ce que cela m’a appris. »
  • « Voilà la manière dont j’ai appris à me protéger. »

Et enfin :« Aujourd’hui, je peux choisir autrement. »

C’est ce chemin que je propose d’explorer en séance. Un chemin qui part du symptôme ou de la difficulté présente pour aller écouter ce qui se passe plus profondément : dans le corps, dans les émotions, dans les croyances, dans les relations et dans l’histoire de la personne.

Avec toujours la même intention : Comprendre. Accueillir. Choisir.

Si cela te parle, je t’accompagne dans le Gros de Vaud. Les séances pour adultes et adolesccents ou les conseils aux parents pour les très jeunes enfants peuvent aussi avoir lieu en ligne.